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L'autre bout du monde

Modifié le 08-05-2014

raphael et nadege

Bien décidés à faire de 2009 une année exceptionnelle, nous avons choisi de partir à l'aventure, et de voyager loin, très loin. Adieu la routine et le froid hivernal, bonjour l’Australie ! Voici le récit de cette merveilleuse aventure.

Un peu de paperasse à remplir, un billet d’avion destination Sydney, nos valises et des économies … nous sommes prêts pour nous évader ! Le 14 janvier 2009, après avoir rassemblé nos dernières affaires et embrassé nos proches, nous nous envolons pour l’Australie. L’excitation est à son comble, nous réalisons que notre projet devient réalité.


C’est quelques jours plus tard, après une escale de trois nuits à Singapour, que nous foulons le sol australien. La neige alsacienne laisse place à la chaleur de l'été austral. Sydney est donc notre point de départ. De toutes les villes du pays, elle reste de loin la plus intéressante avec ses plages, ses montagnes, et son architecture (pont, opéra). Immense mais tournée vers l'océan, il y règne une ambiance relativement décontractée, exception faite du quartier d'affaires où financiers pressés côtoient touristes de toutes origines. Nous y passerons huit semaines, le temps de nous y acclimater, de visiter cette métropole aux milles facettes, et de constater que trouver un petit boulot s’apparente à une mission commando ! Tant pis, nous n'y travaillerons pas. Après tout, que perd-on à ne pas être serveur ou technicien de surface ?

C’est donc une certitude : nous n’aurons pas de travail rémunéré ! Il nous faut malgré tout gérer nos économies et éviter de tout dépenser. On ne souhaite pas rentrer en France et il est ainsi impératif de trouver une solution. Miracle : nous allons faire du WWOOFING. Le WWOOFING est un réseau social de solidarité. Des australiens proposent aux voyageurs un hébergement et des repas gratuits en échange de quelques heures de travaux journaliers. L'expérience est intéressante. Sortir des sentiers battus, rencontrer des gens différents, voyager tout en maîtrisant notre budget, voilà ce que va nous apporter ce réseau.

Après deux mois à Sydney, nous nous dirigeons vers la Côte Sud-Est et la Tasmanie. Nous alternons travail chez l'habitant et visites. Côté travaux : taille des oliviers, jardinage, aides diverses. Côté visites : les somptueuses montagnes tasmanes, la Great Ocean Road et ses formations rocheuses impressionnantes, les plages sauvages où la nature règne en maître. Nous rencontrons des kangourous, des ornithorynques et les fameux diables de Tasmanie. Tout va pour le mieux et nos hôtes sont très accueillants et généreux.

Séduits par ces premières expériences, nous décidons de persévérer sur cette voie, mais ailleurs. Le Centre Rouge est notre prochaine destination. Poussière ocre, kangourous par milliers, propriétés immenses, voilà où nous allons nous aventurer. C’est un véritable bijou dont il est bon d’apprécier les vertus de calme et de sérénité. Nous travaillons dans une exploitation bovine. Notre mission consiste à trier et diriger le bétail à l'aide de 4X4 ou tout simplement d'un ridicule bâton. Les taureaux apprécient moyennement et le font savoir. Frayeurs et fous rires sont au rendez-vous. 

Rien à voir ici avec ce qu'il se fait en Europe. La propriété est immense et la première ville (Alice Springs) se situe à 3 heures de piste, nous vivons en autarcie complète entourés de plusieurs communautés aborigènes. C'est avec tristesse que nous nous rendons compte du niveau de vie très précaire des ces derniers. Leur intégration économique et sociale est inexistante, tandis que l'alcool et la misère sont insoutenables. Les ravages de la colonisation européenne sont également une réalité en Australie.

Marqués par cette expérience, nous poursuivons tout de même notre route. Le style cow-boy nous plait bien mais nous troquons nos chemises de fermier contre notre tenue de touriste. Uluru, formation rocheuse mondialement connue, est notre prochaine destination. Il s'agit du fameux «  rocher rouge s'élevant en plein milieu du désert ». C’est un spectacle magique, et nous comprenons mieux pourquoi les aborigènes le considèrent comme un lieu sacré.

Habitués à l’Outback, nous continuons notre périple à l’Ouest. Le territoire que nous voulons traverser est gigantesque mais ne compte qu'un million d’habitants. Autant dire que là-bas, les distances entre chaque ville dépassent souvent les 300 à 400 kilomètres. De plus, une grande partie de l'Australie Occidentale n’est traversée que par un seul axe routier goudronné. Le reste est composé des pistes rouges s'enfonçant dans les terres arides et sauvages de l'Outback. Comme toujours, nous nous arrêtons dans une exploitation (élevage de moutons mérinos). Encore une fois, belle expérience ! Nous nous occupons des chiens de berger, rabibochons une clôture longue de plusieurs dizaines de kilomètres et profitons du calme olympien du lieu en compagnie d'émeus, de dingos et de kangourous. Quant aux visites, elles seront axées sur le balnéaire et la plongée. Les plages sont dignes d'une carte postale : sable blanc et eau turquoise où grouillent des centaines de poissons multicolores. Nous plongeons sur les récifs et croisons raies, baleines, dauphins et tortues. Que de souvenirs !

Après avoir profité des plaisirs aquatiques, il est grand temps de goûter aux joies de la conduite à gauche. Nous louons un 4X4 et du matériel de camping et traversons le Nord-Ouest du pays. En tout, 2000 km de route en compagnie d’une amie allemande. L'immensité du pays continue de nous frapper. Les grandes étendues font quelques fois place à des paysages hallucinants : gorges et cascades où nous savourons les joies de la baignade. La conduite est fatigante et la vigilance de rigueur aux vues des marsupiaux traversant la route sans crier gare. La chaleur agréable commence à se transformer en fournaise au fur et à mesure que nous atteignons Darwin, pointe nord du pays, notre destination.


Le Nord est notre terre d’accueil pour un mois et nous y expérimentons la vie sous les tropiques. Tout y est extrême : le climat (chaleur et humidité), les horribles moustiques et les crocodiles qui occupent rivières et océan. Ici, l’aventure bat son plein, au prix de grosses gouttes de sueur … Surtout lors de nos travaux : jardiner sous une chaleur pesante est un supplice. Heureusement que nous ne travaillons qu’en matinée.


Cela fera huit mois que nous sillonnons le pays et il est temps de songer à rentrer. Nous ne résistons cependant pas à nous gratifier d’une dernière destination : la Côte Nord-Est et Cairns ! Un ami limersheimois, Hervé, nous y a même rejoint pour une quinzaine de jours. Ensemble, nous profitions de l’ambiance jeune et décontractée de Cairns, des plages idylliques ou la forêt tropicale rencontre l'Océan Pacifique. Nous randonnons dans la jungle et plongeons sur la Grande Barrière de Corail. Que d’émotions ! Le climat est idéal : doux, ensoleillé et supportable. Nous tentons une dernière expérience chez l'habitant en optant pour une propriété perdue sur les hauteurs. Nous aurons ici la chance de nous occuper de jeunes kangourous et d'observer les crocodiles se dorant au soleil, Quelle joie de donner le biberon à un bébé wallaby à peine plus grand que notre main ! Nous terminons notre périple de la meilleure manière qu'il soit, dans une famille sympathique et généreuse, entourés d'animaux et sous le soleil.

Notre aventure australienne s'arrête là mais notre voyage se poursuit pour quelques temps encore en Nouvelle-Zélande et au Japon. Définitivement très différents mais débordant de charme et d'aventures, ces deux pays nous ont également conquis. De retour depuis peu, nous avons retrouvé nos familles et notre Alsace natale. Que reste-il de ce voyage ? Des souvenirs magiques, la satisfaction d'avoir osé l'aventure et la certitude d'avoir appris énormément.

Raphael & Nadège

 


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